Douze décembre

Publié le par Jonat


Un souvenir. Ce souvenir. Ce douze décembre. C'était il y a longtemps, car j'étais petit. La parade nocturne venait de se terminer. Parade de quoi? Aucune idée, il y avait trop de monde devant pour voir quoi que se soit. Maman? Je l'avais perdue. Petit garçon perdu dans cette grande rue inconnue, illuminée de guirlandes de forme et de couleur diverses. Il faisait froid, il me semble même que ma parka rouge et mon bonnet de noël me donnaient de faux airs de père noël. Personne ne faisait attention. J'appelais maman, et elle aussi m'appelait surement. Je balayais du regard, derrière mes lunettes massives comme j'aimais bien, chaque visage que je pouvais distinguer dans cette dense foule, un à un, sans en reconnaître le moindre. Maman! Même si elle avait été juste à côté, elle ne m'aurait pas vu. Puis ce moment. Ce moment que je n'oublierai jamais. C'était le douze décembre, il y a longtemps. A cet instant précis la foule sembla s'écarter pour libérer le champs de vision et me laisser la voir. Une petite fille, de mon âge, blonde aux yeux bruns, cheveux bouclés, bonnet blanc en laine à grosses mailles, un grand manteau blanc qui lui descendait jusqu'aux genoux. Cet instant. Et ce regard... Un regard échangé si vite et pourtant j'avais la certitude que l'on pensait à la même chose. Mais à quoi je pensais? Depuis le temps j'ai oublié. C'était peut-être ce que les grandes personnes appellent "le coup de foudre"... Est-ce qu'on se reverra un jour? Alors ce regard, comme si ce devait être le dernier. Hypnotisés, pas à pas, nous nous avancions l'un vers l'autre. Encore quelques mètres. Elle est si belle, elle semble si intelligente. A cet instant, cela ne fait aucun doute. C'est elle. Je ne pense plus à rien, je suis passif, attiré vers elle, et j'attends le moment tant attendu où nous pourrons nous toucher, nous parler. J'imagine son parfum, mon coeur bat très fort, et je n'entends plus que lui et le bruit de mes pas dans la neige usée. Je ne fais que suivre, je suis emporté. Maman venait de me retrouver et m'avait saisi par le bras. Peu à peu, nous nous éloignions. Elle, resta là à me regarder partir, les larmes aux yeux, en faisant un signe de la main. Moi aussi je sanglotais, c'était la dernière fois. Au revoir, toi mon coeur, toi mon amour, à tout jamais, à neuf ans seulement, non, ce n'est pas la dernière fois, mais la première... Arrivés sur une place, Maman trouva un banc et nous allions nous asseoir.


_"Jonathan, tu pleures?"
_"Je crois que ... j'ai eu très peur ..."

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Publié dans mes écrits

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N
ouah ! magnifique ! comme à chaque fois que t'ecris des textes en fait^^ ;) <br /> n'arretes pas d'ecrire, c'est trop beau :p <br />
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