Le temps
Les roses sont rouges, les violettes sont bleues... Mon ami le temps qui passe, s'enjambent les secondes deux à deux, le temps passe comme un train sans halte qui s'éloigne et s'éloigne mais reste toujours visible à la ligne d'horizon... Et le temps passe, le temps est déjà passé, il m'a laissé seul avec mon chagrin, il ne veut pas l'emmener avec lui, seul avec mes souvenirs douloureux, ma détermination d'acier, ma foutue détermination de garçon entêté, éperdument amoureux malgré tout, un garçon que je déteste... J'ai vu le temps et ses passagers, les gens qui meurent, emportés dans de jolis wagons dorurés, les gens qui étaient, mais qui ont changé, ceux qui ont vieilli mais sont tout de même restés eux, et les autres, sans billet, ils font du stop, ils voudraient une petite place dans ce train qui semble les avoir oubliés... Il y en a qui sont sûrs, pleurant tranquilement... Leur pénible repos, un répit sans répit, un répit incomplet qui ne permet pas vraiment de souffler, à la recherche de ce doux répit paisible qui me manque tant à moi aussi... Et j'implore l'amnésie et envie ceux qui en sont atteints, je l'attends, la saisis comme si elle avait été dans le vent, mais ça ne sert à rien... Et mes larmes sont des perles de douceur et de nostalgie, on peut y lire la tristesse et la mélancolie, on peut y sentir ce parfum de l'amour perdu, et en s'y penchant d'un peu plus près on pourrait presque apercevoir ce petit bonhomme que j'étais, le garçon qu'elle a aimé en moi qui se meurt peu à peu et qui laisse place à l'âme tourmentée que je suis devenu...
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