Un deuxième

Publié le par Jonathan


Enfin, l'appel du clavier retentissait dans ma tête, comme si en une soirée un seul texte n'aurait pu suffir à purger ce qui me hante, comme si j'avais un public, un public qui ne veut pas que ça se termine, la fin de ma peine, un public qui en veut encore... Alors je reviens sur scène et je remets ça. Le deuxième de la soirée, de quoi parlera-t-il? Je pense à "Forest Gump", il ressemble beaucoup à "Big Fish" mais ce n'est pas la même chose, je m'imagine une sorte de Forest assis sur un banc à partager ma mésaventure avec tout un tas d'inconnus... Je m'imagine émouvant puisque mon histoire ne peut pas prêter à rire, mais je ne m'imagine pas dans un parc au bord de la route, mais plutôt à cet arrêt de tramway où il me reste des souvenirs, quelques trombones blancs attachés aux lacets... Il y aurait un beau soleil, mais il y a le plafond alors on ne le verrait pas, un beau ciel bleu et des nuages avec lesquels on pourrait jouer à en deviner la forme, pourquoi pas au Parc Pasteur, non loin de là... J'imagine  ma tristesse parmi cette onde de joie et d'insouciance qui se dégage, et je plains celui qui bientôt sera à ma place... Je l'imagine ressurgissant de n'importe où, ce que je souhaite et redoute le plus au monde, elle pourrait regretter, je ne lui en voudrais pas, elle pourrait une fois de plus me dire d'arrêter de penser à tout ça... Et moi rêvant, je me vois different, moins mélancolique, moins poète, je me vois dans le ciel, ne pensant à rien, et étrangement entraînant la chute de celles qui m'ont tendu la main... J'ai bien peur que ce soit reparti...

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Publié dans mes écrits

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