Ma bulle

Publié le par Jonathan


Ma bulle, c'est un univers qui m'est propre, qui me ressemble ... C'est un savant mélange de joie et de tristesse, de rires et de larmes, de musique, de poésie, de mélancolie, de regrets, de solitude ... C'est un univers dans lequel je m'enferme pour réfléchir... Je pense de trop, je pense, mon univers, ma bulle, je la traîne partout avec moi et je deviens bien inaccessible... La serrure de ma bulle mesure près de cinq centimètres de haut, elle renferme tout une gamme de mélodies qui font ce que je suis, parfois euphorique, parfois ailleurs, parfois nonchalent, ronchon, regrettant tristement la joie passée... Ma bulle s'étend sur une trentaine de kilomètres à la ronde, depuis chez moi, il y a aussi le lycée, le bowling, ça passe par la gare routière, la gare de train de Fleury les Aubrais, le terminus du tramway et ce dans les deux sens, l'hôpital La Source... La vieille voie de chemin de fer désaffectée, son lycée à elle, devant lequel je passe sans m'y arrêter, les espaces verdurés les plus fréquentés d'Orléans, comme la cour du lycée, le parc sur le toit du cinéma du bord de Loire, le jardin des plantes, et le parc Pasteur... La rue de Bourgogne dans laquelle je passe de plus en plus de temps, et le bureau de l'ADIL qui me fait me sentir plus grand, plus vieux et déjà dans la vie active, et quand je me rase pas on me donne parfois entre 20 et 25 ans... Les vieilles places, celles que je prends soin d'éviter, celles où on a passé de bons moment que je ne veux pas oublier, que je ne veux pas me remémorer, ça me semble si irréel et après tout ce n'était certainement qu'un rêve... Je me rappelle le cinéma Pathé et aussi le Select, je me rappelle le pique nique sur les sièges au bord de la Loire, il faisait froid, il était tard... Je me rappelle le pont que l'on traversait à pied, et tous ces endroits à Orléans qui finalement me donnent envie de pleurer... Je me rappelle chez elle, je me rappelle autour, la plateforme devant Saint Charles et les chemins tout autour, la Place de la Bascule sur laquelle on était resté jusqu'à cinq heures du matin... Je veux oublier, je suppose, j'aimerais bien pouvoir me dire que ce n'est pas important, juste des petits détails insignifiants, juste un joli rêve dont je ne me rappellerais pas dès mon réveil... Il y a aussi la rue de la République, celle que je connais presque par coeur, où on s'est croisé, une fois, où j'ai fait mine de ne pas l'avoir vue, celle dans laquelle il m'a fallu me montrer égoiste, distant, salaud même ... Tout un tas de main tendues vers moi alors que je ne pouvais pas me relever, et puis une autre qui sort du lot, je ne la remercierai jamais assez ... Elle m'a tendu la main, et la sienne je l'ai aceptée, même si elle est loin, même si c'est pas pratique... J'ai l'impression qu'elle fait partie de ma bulle, on est rattachés par une longue, très longue ficelle...
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Publié dans mes écrits

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