Mon rêve
Il y aura un jour, du jour au lendemain, une issue de secours s'ouvrira sur mon chemin, peut-être plus loin, aux attentes vaines et longues, un oiseau qui s'envole pour ne jamais revenir, peine à dire les choses, peine à se retourner, peine à se dire que pour l'instant la voie reste sans issue. Tourmenté et hésitant, je ne sais que faire du temps que j'ai, un temps dont je réaliserai la valeur que bien trop tard. Je connais ses pensées, et je ne veux pas qu'elle pense ainsi, je veux m'excuser... J'en meurs d'envie, mais je ne le fais pas... Parce que j'ai été froid, parce que j'ai été dur, parce que ma souffrance s'est soudainement réfugié derrière ma colère, alors je regrette. Moi rêveur, moi croyant en tout, moi niant l'existence même de l'impossibilité, je suis devenu pessimiste. J'ai envie de croire que je peux le faire, trouver le bonheur par n'importe quel moyen, même si ça doit passer par la rechute, par le malheur, même si ce doit être avec elle, ou avec une autre. J'ai abandonné ce rêve que j'avais, celui de pouvoir un jour m'envoler, parce qu'au fond ce que je veux le plus au monde c'est être heureux, et ce n'est pas en fuyant que je le trouverai. Ma conscience me pèse, j'ai tant de regrets à être devenu celui que je suis lorsque vient la nuit, et à avoir laissé mourir dans un coin celui qu'elle a aimé en moi... Etre maître de soi, de son corps et de ses pensées, de ses goûts et de ses envies, c'est même pas ça mon rêve...
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