Ephémère et moi ...
Ephémère, petit insecte de la création, tu nourris, par ta foi et ta vigueur nombre de mes aspirations. Comme toi je sais à quel point la vie et courte, et j'aimerais faire de ma vie quelque chose dont on se rappellera, crier haut et fort mes idées à quiquonque voudra les entendre. Mais comme toi je suis muet, car mes hurlements ne sont que des murmures à l'échelle du monde. Comme toi l'espoir qu'un jour mon rêve aboutisse n'est qu'une étoile qu'on voit à peine luir même en s'y penchant de très près. Comme toi je suis une victime, une proie à la merci de prédateurs, mais aussi prédateur à mon tour. Le temps d'une journée tu feras ce que tu dois faire, et peut-être n'as-tu même pas conscience que ta fin arrive à grands pas. Ephémère, toi et moi nous sommes pareils, remplis de détermination nous commencerons un travail que l'on ne pourra probablement jamais mener à terme. Mais peut-être que nous aurons inspiré d'autres après nous, qui un jour poursuivront notre oeuvre, puis d'autres encore et ce jusqu'à faire de cette lueur quasi-innexistante un véritable soleil aux yeux de tous. Peut-être alors que toi et moi les regarderons d'en haut, les larmes aux yeux d'avoir pu admirer toutes ces générations croire avec ardeur en ce beau rêve, notre rêve, puis de l'avoir réalisé là où tant d'autres avaient échoué avant eux, et cet amour que nous leur porterons d'avoir eu foi en nous, cet amour si merveilleux qui ne peut-être brisé, un amour éternel, immortel... Mais toi et moi nous ne sommes que des éphémères. Tout ce que l'on construira sera de toute façon détruit tôt ou tard, tout ce que l'on dira ne pourra raisonner dans des coeurs éternellement, et l'amour que l'on recherche, celui que l'on veut sans fin, n'est pas celui qui est immortel... C'est celui qui, comme nous, s'éteindra, plongeant dans l'obscurité tous ceux qui y étaient attachés .
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