Lao-Tseu l'a dit: Il faut trouver la voie ...
Le temps ne tournera jamais pareil pour tout le monde. C'est ainsi qu'il faut comprendre sa raison d'être, sa façon de nous affecter, et ce que l'on en pense. Etre soi et le rester n'est pas à la portée de tous, car il est difficile d'échapper aux influences et aux évolutions. Je me rappelle la vie simple, heureuse, où le bonheur se résumait à la famille, aux amis et à l'école. J'avais quatre ans, je ne connaissais rien de la vie et honnêtement ça m'était égal. Les jeux d'enfants, les vilains cauchemars et les bras de maman ... Cet enfant n'existe plus. Rien en moi aujourd'hui ne rappelle celui que je fus. Adieu les craintes, adieu la peur de rencontrer le vilain monsieur qui propose des bonbons dont maman me parlait tant. Aujourd'hui me voilà fort et grandi, je n'ai plus rien à craindre de personne. Me voilà plus intelligent aussi, je ne fais plus beaucoup de fautes d'orthographe, je sais faire des maths, des racines carrées, des calculs du second degré et tant d'autres choses sans lesquelles personne ne pourra vivre plus tard, sinon quel interêt de nous les enseigner? Le temps nous inflige à tous le fardeau du vieillissement, à certains plus qu'à d'autres, à certains de façon différente. Devenir philosophe, ou philosopher plus exactement, est le résultat de cette éducation reçue et de l'environnement dans lequel on vit. C'est en quelque sorte un vieillissement prématuré, un mûrissement de la pensée en forgeant sa propre opinion, jusqu'à penser comme quelqu'un ayant vécu plusieurs siècles. Aujourd'hui plus personne ne me fera croire que c'est un travaillant dur que je réussirai, plus personne ne me fera croire que seule ma fortune fera mon bonheur. Des précepteurs qui nous induisent en erreur, que l'on suit sans se poser de question puisque ce sont ceux qui ont réussi avant nous qui nous permettront de réussir un jour à notre tour. Mais dans quel but? Sommes-nous en prepétuelle quête de réussite ou de bonheur? Pour certains, beaucoup peut-être, ces deux quêtes n'en forment qu'une seule, mais personnellement je n'ai pas cette chance. Alors me voilà confronté à un choix, une fois de plus, deux chemins qui se séparent et mènent à des destinations opposées. Dans ces deux voies, il y a celle que je dois emprunter, celle dont on m'a toujours dit qu'elle était la meilleure des deux, qui, à défaut de faire mon bonheur, fera peut-être celui de ceux qui m'y ont conduit, car quoi de plus gratifiant que de voir son élève voler de ses propres ailes grâce à nos précieux enseignements? C'est le chemin de la réussite, celui qui nous ammène au-dessus de tout le monde, nous rend "mieux" que ceux qui n'ont pas emprunté cette voie, et que ceux qui se sont perdus en chemin. Puis il y a l'autre voie, celle que l'on suit si notre volonté est assez forte, celle qui mène au bonheur et à la satisfaction de faire ce que l'on aime, celle que je veux suivre. C'est la voie de sacrifices, des choix à répétition, la voie en travaux, pleine d'obstacles, la voie sur laquelle personne ne sait jamais sur quoi il va tomber. Le bonheur qui se gagne et qui se perd mais qui ne se garde jamais, après lequel on court, parfois en vain jusqu'à épuisement, que l'on nous retire pour l'avoir pour soi, que l'on partage, que l'on regrette comme un être cher. Et quand tout est terminé, tout ce qu'on en tire, c'est des souvenirs, et des regrets. Seul face à un bonheur mort, il faut savoir prendre l'initiative de l'enterrer et de le laisser derrière nous, car comme disait Frank Dubosc hier encore, le bonheur c'est comme une bonne soirée dans un restaurant: c'est toujours le dernier à table qui paye l'addition...
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